04 mai 2008
N A U S E E P A S

Sur la route tracée, déjà,
raide, lisse, s’ennuie Marc. Pas après pas, sans guide, chemine sur la marche à
suivre ; il faut chercher ce port, cette destination.
Dans la bouche,
l’inquiétante saveur d’un ordre donné à la naissance, naissance lointaine, qui
s’atténue, ténue mais volage, qui disparaît.
Alors, sur les longs pavés chauds d’un printemps de
béton, Marc efface les empreintes de ceux qui ne parlent plus, et s’approprie
l’humeur d’une journée froissée, abîmée, le ton d’un soleil qui n’attend plus
les hommes pour hisser ses rayons tièdes. Qu’importent les marées imperceptibles,
ondes hurlantes qui le frôlent, car les cris sont devenus murmures, comme ces
images collées à la rétine qui ne voit rien.
Partout des hauts murs, transformés en limites, des
stèles imposantes, mémoire placardée en l’honneur de la mort ; des
sentiers inconnus, et des routes fidèles.
Dans les oreilles de Marc, bien plus fort que le soupir
des autres, résonne le fracas de cette marche, sa propre danse, son mouvement
immobile, sa stagnation assassine ; sa course fatiguée.
Dans les bras de l’aurore, il se rue encore, placide et
acharné, contre la nuit qui le menace, contre le sombre instant de
toujours ; la promesse éloignée.
Conscience effarée, sa frayeur est
tranquille, et dans le bruit de ses maux, calme, résignée, demeure la trace de
ses envies.
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