18 octobre 2009
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C’était écrit, c’était
immense. C’était le sillon creusé dans une terre qu’aucune pluie ne viendrait
mouiller. Comme l’âge révolu, la jeunesse évanouie mais vécue, l’ongle coupé,
la seconde passée, la cigarette fumée, c’était comme la rupture, comme l’instant
qui suit le choix, comme l’instant de la chute, l’instant de la venue au monde,
comme la strate sur le tronc de l’arbre, l’océan qui avale le soleil, la
pénétration, la maladie qui s’installe, comme la ride, comme le suicide, comme
une touche de noir appliquée sur un visage blanc ; c’était fait.
Dans le premier froid de
l’hiver, j’ai saisi l’inspiration. Les pieds nus, la peau tendue, j’ai violé
cette nausée, ce ruban ; maudit, je suis l’homme, je meurs de la main de
mes créations, j’ai trop crée, trop inventé ; je suis l’amour, je suis le
saint martyr, je suis les autres, personne, le monde, j’accouche, je suis la
pierre taillée, magnifique, qui écrase le brin d’herbe, magnifique, je suis la
contemplation, je suis la transformation, je suis l’art global, la
masturbation, je suis la fraîcheur et le moisi, ah ! Je meurs ! Je
n’ai jamais existé, j’ai tout gâché, non, j’apprends, je me façonne, je
façonne, je suis l’oubli, le début, le début, le début, je suis la découverte,
je suis toujours, le concept, je suis le caractère, la pitié, je suis beau, je
bouge, parasite, au secours, aidez-moi, vous. Qui êtes-vous ?
Oh... C’était beaucoup trop.
Je me regarde, et je ne vois que quelques centimètres de matière, alors
pensez-vous, héberger l’absolu... Je suis trop petit. Oh ! L’inutilité des
mots... Oh ! L’inutilité de moi... Ah ! L’inutilité de l’utile !
Tout est futile, dans ce cas ; mais où sont les réponses, où sont les
maîtres, où sont les drogues ; c’est une hallucination dite saine qui fait
battre mon cœur, c’est le vin plasmatique qui s’écoule, est pompé ; mais
dites-moi, c’est encore de l’invention ! Dois-je chercher la perle,
inventer l’unique ? Mais je veux tout aimer ! Médiocres, dans mes
bras ! Et si je n’ai pas de bras, touchez mes jambes, et si je n’ai pas de
corps, écoutez-moi ! Ah ! Nous y sommes ! La parole ! Mais
qui écoute ? Moi, j’ai déjà tout oublié.

